jeudi 26 mai 2016

Revenir au Kituske

En ce moment je suis un peu désœuvrée puisque j'ai terminé mon travail pour le projet Lady Marmelade, que ma carrière de maquilleuse est en pause forcée et que je suis toujours bloquée à la maison... Dans ces conditions il n'est pas facile tous les jours de garder le moral, à plus forte raison quand on souffre physiquement, et il faut donc être capable de créer sa propre magie au quotidien. C'est précisément pour cela que j'ai eu envie de revenir à ma passion pour le kitsuke (l'art du kimono) comme certains ont pu le constater sur Facebook et Instagram.

Kitsuke de Printemps
Yukata trouvé au marché aux puces cet automne
harmonisé avec un hitoe obi (uniqlo japan 2008) 
Obi age et obi jime

Si j'ai toujours été fascinée par les somptueux kimono que j'admirais sur les estampes étant enfant, c'est en 2008 que tout a réellement commencé pour moi. A cette époque je suivais des cours de nihon-buyô (danse traditionnelle japonaise) avec Juju Alishina, et pour les besoins de la pratique nous revêtions un yukata (kimono d'été léger en coton) afin d'adopter la bonne posture. Ce fut un vrai coup de foudre : en kimono, le maintien du corps se modifie presque instinctivement, ce qui altère également les mouvements, qui se ralentissent. Cette lenteur qui s'entremêle à une certaine maîtrise et modération du corps est une véritable invitation à la contemplation. Et c'est indéniablement ce qui m'a séduite dans le port du kimono !

Suite à cette première expérience je voulais en apprendre d'avantage sur l'art de l'habillement japonais et j'ai commencé à suivre des stages de kistuke notamment avec Satoko Starck. Si revêtir le kimono est un peu plus complexe que de se draper d'un simple yukata, j'ai tout de suite aimé découvrir toutes les astuces pour moduler le corps, ainsi que les différentes règles à observer pour harmoniser couleurs, motifs, etc. en fonction du rang social, de la saison...

Puis en 2013, j'ai eu la chance de pouvoir partir en voyage au Japon, ce qui m'a permis d'aller fouiner dans les boutiques de kimono d'occasion et d'investir dans un peu plus de matériel... afin d'entrer en contact avec l'association Paris Komatchi à mon retour.

Aujourd'hui encore le sujet me passionne, et j'avoue que mon rêve serait de pouvoir partir vivre au Japon quelques années afin de pouvoir étudier sérieusement toutes les ficelles du kitsuke dans une école spécialisée, malheureusement ma réalité médicale est tout autre... Mais comme je n'ai pas envie de me laisser abattre, j'essaie de me concentrer sur ce que je peux tout de même accomplir plutôt que sur ce que ma santé m'empêche de faire ; j'ai donc décidé de passer outre le fait que je ne sois pas dans le bon pays ou que je n'aie pas la formation typique, et de continuer à pratiquer le kistuke (que j'avais un peu délaissé, complexée par ces mêmes raisons).

Pré-anniversaire à la Journée de Kimono de Paris Komatchi
Kimono, Nagoya obi et Obi age

Bref les articles de kimono vont faire peu à peu leur retour sur le blog et sur Instagram.
Lorsque j'avais mon ancien site, j'avais écris des billets plus théoriques sur l'art du kimono, mais je les ai perdus en voulant fusionner mes deux plateformes...
Donc n'hésitez pas à me dire en commentaire si le sujet vous intéresse et si vous aimeriez lire plus d'articles de ce genre.



dimanche 22 mai 2016

Après Lady Marmelade

Yatta! Les shootings Lady Marmelade ce sont enfin terminés au début du mois de mai. 

Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais il y a plus d'un an je vous parlais de cet énorme projet de livre illustré par des photographies et peintures numériques sur lequel je travaillais en tant que maquilleuse et coiffeuse, et pour lequel j'avais dû créer (à l'aide de nombreux croquis) une dizaine de styles différents pour notre héroïne, qui ont pris vie au travers des différents shootings.

Je suis un peu émue car cela marque "la fin de ma participation" dans ce projet, et pleine de sentiments mitigés, à la fois soulagée et un peu triste. 

Soulagée d'abord, car avec les soucis de santé que je traverse depuis presque deux ans il m'a été très difficile de mener ce projet à terme et aujourd'hui je paye physiquement très cher ces derniers mois de labeur... mais je suis vraiment contente d'avoir pu aller jusqu'au bout de cette aventure extraordinaire, aussi riche en émotions, qu'en rencontre.
Triste ensuite, cela marque un tournant dans ma vie de maquilleuse. Si depuis que je suis tombée malade, j'ai peu à peu été contrainte d’arrêter tous les shootings, le projet Lady Marmelade était le dernier pour lequel je travaillais encore. Et la fin des séances photos marque donc également la fin de ma carrière de maquilleuse, que je me vois obligée de mettre en pause. Je dois avouer que je trouve ça assez dur à vivre après toutes ces d'années d'investissement intense et de sacrifices... mais malheureusement je sais aussi que ma santé doit devenir la priorité.

Je vais donc devoir inventer peu à peu une nouvelle vie sans le maquillage et pour l'instant je me sens un peu perdue et déboussolée...
Mais il y a cependant une chose dont je suis certaine c'est que je veux continuer à peindre. Il m'est assez difficile de pratiquer quand je suis aussi affaiblie physiquement que ces derniers mois, j'ai beau en avoir très envie, c'est comme si ma peinture était vide. J'aimerais donc que ma santé se stabilise un minimum pour me permettre de me remettre activement et sérieusement à l'aquarelle.
(Je cherche d'ailleurs de bonnes références de "livre-technique" sur le sujet, si vous en connaissez n'hésitez
pas à m'en parler en commentaires).

Malgré Lady Marmelade qui m'a grandement occupé ces derniers temps, j'ai quand même continueé ma série de croquis rapides, à défaut de me lancer dans de plus grandes réalisations. Je vais donc partager tout ça avec vous dans les prochaines semaines, mais en attendant, je vous invite à redécouvrir toutes les coulisses du projet, en vous rendant sur mon blog professionnel Ophélie Larroque, ainsi qu'à suivre l'avancement du livre sur la page dédiée à l'univers de Lady Marmalde

Je vous laisse avec une petit illustration aquarellée, directement inspirée de ce projet !

Lady Marmelade 
29 x 21 cm
Papier Canson  C à Grain 224gr. 
Aquarelle Sennelier